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    9/24/2006

    cézanne

    Paul CEZANNE (1839-1906)

    Paul Cézanne est né à Aix en Provence en 1839. Fils d’un commerçant aisé, il fit ses études de Droits à Aix en Provence entre 1859 et 1860. Il entre en contact avec les impressionnistes en se rend à Paris pour étudier la peinture à l’académie de Suisse.
    Il partage avec certains les idées révolutionnaires bouleversant la peinture traditionnelle, mais, à la différence de ces derniers, dont il se détache peu à peu, son principal souci sera d’exprimer, au moyen de la couleur, la cohésion des formes.
    Cette recherche de solidité, d’immobilité, de gravité, Cézanne la poursuivra toute sa vie, de plus en plus solitaire et retiré, en Provence, où il trouvera tous les thèmes qui lui inspireront ses plus grandes œuvres.
    Pour Cézanne, le sujet n’est qu’un prétexte, un point de départ, qui lui permettra de s’exprimer : paysages, natures mortes, baigneuses, portraits, sont traités par Cézanne avec la même rigueur.
    Dans sa peinture apparaît un souci de l'installation ordonné des plans, des lignes de force, voire de la facture. L’aspect éphémère, le spectacle ondoyant de la nature est contraint à son besoin d’ordre.
    On peut dire qu’il est l’arrière grand père du cubisme.
    Paul Cézanne disait "peindre signifie penser avec un pinceau" : il était homme à travailler sans s’accorder le moindre repos.
    Il mourut en 1906 à l’âge de 67 ans.

    11/1/2005

    RAIMU

    Jules MURAIRE
    dit RAIMU
    (1883-1946)

    Acteur né à Toulon, interprète
    des films de Pagnol : "Marius"
    1929, la Femme du
    Boulanger 1938.

    Né à Toulon, Jules Muraire, dit Raimu, débute au Casino de Toulon en 1899, devient comique troupier en 1900, monte à Paris en 1910 et connaît le succès dans les revues de Rip et, sur les planches, dans les comédies de Sacha Guitry : Il faut l'avoir (1915), Faisons un rêve (1916), le Blanc et le Noir (1922), Vive la République (1926), le Diable à quatre (1928).
    Il joue également dans Pour avoir Adrienne (1919) de Louis Verneuil, Édith de Nantes (1923) et Vive l'Empereur (1926) d’Yves Mirande, le Bois sacré (1924) de Flers et Caillavet et Marius (1929) de Marcel Pagnol.
    Au cinéma, Raimu apparaît dans deux films muets, l'Homme nu (1912) de Henri Desfontaines et l'Agence cacahuète (1913) de Roger Lion, puis il devient vedette du cinéma parlant avec

    le Blanc et le Noir (1931) de Robert Florey d'après Guitry et Mam'zelle Nitouche (1931) de Marc Allégret.
    Capable de tout jouer, il mène une carrière populaire en servant Marcel Pagnol avec Marius (1931) d'Alexandre Korda, Fanny (1932) de Marc Allégret, ainsi que César (1936), la Femme du boulanger (1938) et la Fille du puisatier (1941), réalisés par Pagnol lui-même.
    Il est remarquable dans Faisons un rêve (1935) et les Perles de la couronne (1937) de Sacha Guitry, les Gaîtés de l'escadron de Maurice Tourneur, (1932), Tartarin de Tarascon (1934) de Raymond Bernard, Un carnet de bal (1937) et Untel père et fils (1939-1945) de Julien Duvivier, l'Étrange Monsieur Victor (1938) de Jean Grémillon, Gaspard de Besse (1935) et le Héros de la Marne (1938) d’André Hugon, Gribouille (1937) de Marc Allégret, les Rois du sport (1937) de Pierre Colombier, Noix de coco (1939) de Jean Boyer, Dernière Jeunesse (1939) de Jeff Musso et le Duel (1941) de Pierre Fresnay.
    On le voit encore dans les Inconnus dans la maison (1942) de Henri Decoin et Monsieur la Souris (1942) de Georges Lacombe, tous deux d'après Georges Simenon, ainsi que dans le Colonel Chabert (1943) de René le Hénaff, avec lequel il tourne aussi les Gueux au paradis (1946).
    Son dernier film est l'Homme au chapeau rond (1946) de Pierre Billon.

    Entré à la Comédie-Française en 1944, il y a joué le Bourgeois gentilhomme et le Malade imaginaire de Molière, puis l'Anglais tel qu'on le parle (1945) de Tristan Bernard.

    10/29/2005

    fernandel

    "Le pastis, c'est comme les seins. Un c'est pas assez et trois c'est trop."

    De l'accent! De l'accent! Mais après tout en-ai-je?
    Pourquoi cette faveur? Pourquoi ce privilège?
    Et si je vous disais à mon tour, gens du Nord,
    Que c'est vous qui pour nous semblez l'avoir très fort
    Que nous disons de vous, du Rhône à la Gironde,
    "Ces gens là n'ont pas le parler de tout le monde!"
    Et que, tout dépendant de la façon de voir,
    Ne pas avoir l'accent, pour nous, c'est en avoir...

    Eh bien non ! je blasphème! Et je suis las de feindre!
    Ceux qui n'ont pas d'accent, je ne puis que les plaindre!
    Emporter de chez soi les accents familiers,
    C'est emporter un peu sa terre à ses souliers,
    Emporter son accent d'Auvergne ou de Bretagne,
    C'est emporter un peu sa lande ou sa montagne!
    Lorsque, loin du pays, le cœur gros, on s'enfuit,
    L'accent? Mais c'est un peu le pays qui vous suit!
    C'est un peu, cet accent, invisible bagage,
    Le parler de chez soi qu'on emporte en voyage!
    C'est pour les malheureux à l'exil obligés,
    Le patois qui déteint sur les mots étrangers!

    Avoir l'accent enfin, c'est, chaque fois qu'on cause,
    Parler de son pays en parlant d'autre chose!...

    Non, je ne rougis pas de mon fidèle accent!
    Je veux qu'il soit sonore, et clair, retentissant!
    Et m'en aller tout droit, l'humeur toujours pareille,
    En portant mon accent fièrement sur l'oreille!
    Mon accent! Il faudrait l'écouter à genoux!
    Il nous fait emporter la Provence avec nous,
    Et fait chanter sa voix dans tous mes bavardages
    Comme chante la mer au fond des coquillages!
    Ecoutez! En parlant, je plante le décor
    Du torride Midi dans les brumes du Nord!
    Mon accent porte en soi d'adorables mélanges
    D'effluves d'orangers et de parfum d'oranges;
    Il évoque à la fois les feuillages bleu-gris
    De nos chers oliviers aux vieux troncs rabougris,
    Et le petit village où les treilles splendides
    Éclaboussent de bleu les blancheurs des bastides!
    Cet accent-là, mistral, cigale et tambourin,
    A toutes mes chansons donne un même refrain,
    Et quand vous l'entendez chanter dans ma parole
    Tous les mots que je dis dansent la farandole! »


     

    FERNANDEL (8 mai 1903 - 26 février 1971)



    "Acteur français, il avait le sourire chevalin, l'accent chantant et l'air adorable de qui joue les niais."

    De son vrai nom Fernand Joseph Désiré Contandin, il est né le 8 mai 1903, dans l'appartement familial situé au 72 du boulevard Chave, grande artère de Marseille (Provence - Occitania), où de nos jours, figure une plaque rappelant cet évènement. Mais laissons Fernandel le raconter lui-même: "Je suis né le mois des fleurs (le jour de la St Désiré) et ce jour-là, on m'a dit que le soleil était astrologiquement sur le seizième degré du signe du Taureau;... C'est le droguiste qui se trouvait en dessous de chez nous, Mr Rabattu, qui accompagna mon père pour déclarer ce dont la nature avait doté ma famille: un certain Fernand Joseph désiré. Mon père avait dû, pour cet événement important, interrompre une répétition du commissaire est bon enfant lorsque ma mère avait ressenti les premières douleurs, ce qui m'a fait dire, bien plus tard, que j'étais né en fait sous le triple signe du Taureau, du Cheval et de Courteline."

     


    De son vrai nom Fernand Contantin, Fernandel fut un grand comique au sourire chevalin, à l'accent chantant et aux manières gauches et tendres. Fils d’un comptable, chanteur de café-concert pendant ses loisirs, qu'il accompagne très tôt dans les coulisses, le jeune Fernand fredonne dès l'âge de sept ans les succès de Polin. Pour gagner sa vie, il devient employé de banque sans pour cela cesser de chanter. Tout au long de sa carrière d’acteur, il ne cesse de chanter ; on lui doit notamment la célèbre chanson ‘Ignace’. Il fait la connaissance d'Henriette Manse, qu'il épouse le 4 avril 1925. Marc Allégret le fait débuter à l'écran en 1930 aux côtés de Raimu dans ‘Le Blanc et le noir’. Plus tard, acteur fétiche de Marcel Pagnol, Fernandel incarne aussi Don Camillo, prêtre excentrique combattant le maire communiste dans la série de films éponymes. Il décèdera avant d’avoir pu achever le sixième opus de la série.

    C'est sa belle-mère qui inventa son pseudonyme, elle disait : «Voilà le Fernand d'elle !» en parlant de son gendre et de sa fille.

    10/28/2005

    marcel pagnol

    Pagnol, Marcel (1895-1974), écrivain et cinéaste français, rendu populaire par sa trilogie dramatique marseillaise, Marius, Fanny, César. Né à Aubagne, en Provence, le 28 février 1895, Marcel Pagnol était le fils d'un instituteur et d'une couturière, qui sont présents dans toute son œuvre et surtout dans ses Souvenirs d'enfance. Il fut un écrivain précoce : au sortir du lycée, il fonda une revue littéraire, Fantasio, qui est l'ancêtre des célèbres Cahiers du Sud. Devenu professeur d'anglais, Marcel Pagnol se consacra d'abord à l'écriture de pièces de théâtre, desservies par une certaine lourdeur didactique, telles que les Marchands de gloire (1925) et Jazz (1927). Il se mit ensuite en congé de l'éducation nationale pour « cause de littérature », comme il le dit lui-même. Sa troisième pièce, Topaze (1928), avait encore pour cadre le milieu enseignant et, comme les précédentes, elle pêchait par son aspect de démonstration morale (« l'argent mène le monde » était l'objet de cette déploration). Mais elle consacra un type, la figure du petit professeur méprisé et ridicule. Le succès vint à la même époque, avec une trilogie, qui débuta avec Marius (1929, filmé en 1931), pour se poursuivre avec Fanny (1932, filmé en 1933) et se clore avec César (filmé en 1936, joué sur scène en 1937). Si l'intrigue de cette trilogie se construit autour de l'aventure amoureuse entre Fanny et Marius et autour des bouleversements qu'elle engendre, c'est pourtant la ville de Marseille, idéalisée comme un port exotique, qui est le principal sujet de cette trilogie : le port, les cafés, les bruits y sont évoqués avec une force visionnaire. À tel point que les personnages principaux, incarnés de façon inoubliable à l'écran par Raimu, Pierre Fresnay et Orane Demazis, ne semblent être que les porte-parole de la cité. Marcel Pagnol devait longuement exploiter l'exotisme provençal qui contribua à la réussite de ces pièces. Pagnol, qui adapta lui-même ses pièces au cinéma et les réalisa, voyait s'ouvrir de nouvelles perspectives avec ce passage de la scène au grand écran, notamment dans le traitement du temps et de l'espace : « L'art dramatique a trouvé aujourd'hui un moyen d'expression qui englobe tous les autres et qui donne au dramaturge la plus entière liberté ». Dès lors, il écrivit la plupart de ses pièces de théâtre comme des scénarios de films développés (c'est le cas de la Fille du puisatier, 1940). Symétriquement, il adapta au théâtre certains de ses films (la Femme du boulanger, 1938) et, à partir de l'un de ses films les plus connus, Manon des Sources (1952), il tira deux romans, Jean de Florette et Manon des Sources. Une part importante de l'œuvre de Pagnol cinéaste consista à adapter au cinéma des textes littéraires d'autres auteurs : ce fut d'abord l'ère Giono, avec Merlusse et Cigalon, deux films datant de 1935, Angèle (1934), d'après Un de Beaumugne et la Femme du boulanger (1938), adaptation de Jean le Bleu de Giono. Avec ces œuvres, Pagnol introduisait le régionalisme à l'écran : il s'attachait à montrer sous leur plus belle lumière les paysages de Provence et surtout, dès l'avènement du parlant, à faire entendre l'accent méridional. Par la suite, il tourna Naïs d'après Zola, écrivit les dialogues du Rosier de Madame Husson d'après Maupassant et, en 1954, donna, avec Trois Lettres de mon moulin, une adaptation de troix nouvelles extraites du chef-d'œuvre d'Alphonse Daudet. Après deux retours au théâtre avec Judas (1955) et Fabien (1956), et après avoir consacré un dernier ouvrage au Masque de fer (le Masque de fer, 1965), Marcel Pagnol se consacra essentiellement à l'édition de ses Souvenirs d'enfances qu'il commença à publier en 1957 : la Gloire de mon père (1957), le Château de ma mère (1958), le Temps des secrets (1960), le Temps des amours (posthume, 1977). Il supervisa également l'édition de ses œuvres complètes en six volumes (1964-1973). Marcel Pagnol mourut à Paris le 18 avril 1974. Auteur comblé, il reçut tous les honneurs de son vivant : l'argent et la gloire, des ventes importantes et l'élection à l'Académie française (1946). Reconnu par des réalisateurs de l'importance de De Sica et Rossellini comme le père du néoréalisme italien, puis redécouvert par la Nouvelle Vague au même titre que Renoir ou Hitchcock (dans un numéro fameux des Cahiers du cinéma de décembre 1965), Marcel Pagnol reste surtout connu aujourd'hui pour ses adaptations cinématographiques et pour sa série célèbre des Souvenirs d'enfances.